Le Caucase

Environnement : inquiétudes au sujet de la mer Caspienne

En une dizaine d’années, le niveau de la mer Caspienne a considérablement baissé. Entre les conséquences du changement climatique et la pollution, le devenir de ce grand lac suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations.

 

Selon Ramiz Mammadov, directeur de l’Institut de Géographie de l’Académie National des Sciences d’Azerbaïdjan, le niveau de la mer Caspienne a baissé de 28 mètres durant les dix dernières années. Pour les spécialistes, cette chute sévère serait l’une des conséquences du changement climatique.

 

Les modifications relevées sont en effet directement liées aux fluctuations climatiques qui touchent les affluents de la mer Caspienne, ces derniers jouant un rôle capital dans son équilibre hydrique.

 

« Chaque mer a son propre équilibre hydrique constitué à partir des rivières qui y sont rattachées, des précipitations et de l’évaporation de l’eau » a rappelé Mammadov avant d’ajouter « Tout changement dans cet équilibre va causer des alternances dans le niveau de l’eau ».

 

On pourrait citer en exemple le cas de la rivière Volga, qui reste une source d’eau très importante pour la mer Caspienne. Sa capacité a perdu 100 km3 en quelques années, passant de 300 km3 à 200 km3. Une diminution qui a forcément des répercussions désastreuses sur l’état de la mer Caspienne.

 

Une pollution qui prend de l’ampleur

 

Si la mer Caspienne perd aujourd’hui de son niveau, elle est également victime d’une forte pollution qui ne cesse d’aller crescendo avec les années. « La situation critique de la mer Caspienne est connectée au vaste développement de l’économie industrielle de la région Caspienne » a averti Ramiz Mammadov.

 

Le directeur de l’Institut de Géographie de l’Académie National des Sciences d’Azerbaïdjan incrimine notamment les nombreux pesticides utilisés dans l’agriculture durant l’ère Soviétique, reversés ensuite dans les affluents de la mer Caspienne pour ensuite venir la polluer.

 

Afin de préserver l’état du plus grand lac salé du monde, Mammadov préconise de lancer un programme qui superviserait l’endroit dans son ensemble à l’aide de satellites et d’appareils d’observation au sol. Ce programme permettrait alors d’avoir des informations constantes l’état écologique de la mer Caspienne et d’agir plus rapidement face aux difficultés environnementales rencontrées.