Le Caucase

L’Union Européenne attend plus de l’Arménie

Dans le processus de rapprochement entre l’Union Européenne et l’Arménie, une réunion s’est tenue à Bruxelles entre les représentants des deux parties. Si l’UE a fait montre de son désir de collaboration, un rappel à l’ordre des plus clairs quant au respect des droits fondamentaux et de la lutte contre la corruption a été signifié à l’Arménie.

On sait que l’Arménie tente depuis plusieurs années de se rapprocher politiquement et économiquement de l’Union Européenne, espérant même une adhésion future qui lui permettrait de sortir du marasme économique dans lequel le pays se trouve. C’est un “oui, mais” que viennent de recevoir une nouvelle fois les représentants politiques de ce pays du Caucase à l’issu d’une réunion spéciale qui s’est déroulée à Bruxelles en présence de hauts fonctionnaires de l’UE tels que Johannes Hahn (commissaire pour la politique européenne de voisinage) et Bert Koender (ministre des Affaires Etrangères du Pays-Bas) et du ministre arménien des Affaires Etrangères Edouard Nalbandian.

Un “oui mais” car en dépit des progrès politiques, économiques et sociaux, il reste encore beaucoup à faire pour que l’Arménie soit aligné sur les standards européens de respect des droits fondamentaux, de lutte contre la corruption, la primauté du droit et la mise en place et la maintien d’un réel système démocratique. Le communiqué des représentants de l’Union est on ne peut plus clair: “L’UE a pris note des progrès accomplis dans la mise en œuvre de ces réformes et de l’engagement de l’Arménie à poursuivre sur cette trajectoire positive, tandis que dans le même temps elle encourage l’Arménie à accélérer les réformes dans des domaines spécifiques, notamment la démocratie et la primauté du droit, la lutte contre la corruption, le droit aux libertés fondamentales”.

Lutter contre la corruption politique

Il y a encore un long chemin à faire pour l’Arménie, un long chemin qui doit conduire le pays vers plus de démocratie, de respect des libertés fondamentales, de lutte contre la corruption et de combat contre la fraude électorale. Un travail de fond nécessaire pour que le pays puisse espérer un rapprochement plus marqué avec les 28 de l’Union. Le communiqué de l’UE publié à l’issu de la réunion de Bruxelles expliquant ainsi qu’“une attention particulière a été attirée sur la nécessité d’une réforme du système électoral, de la nécessité de mettre en œuvre de manière appropriée la nouvelle Constitution et d’assurer la liberté des médias, ainsi que le rôle important de la société civile“. Et si le système électoral est pointé du doigt, c’est en raison du fait que le partie d’opposition a affirmé que les élections du 6 décembre dernier ont été largement entachées de “fautes graves”.

Le Ministre arménien Nalbandian a pour sa part fait amende honorable en déclarant que “basé sur des valeurs partagées, l’Arménie est intéressée pour travailler avec l’UE sur la promotion continue des droits de l’homme et la primauté du droit, la consolidation des institutions démocratiques et l’amélioration de l’appareil judiciaire, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, le renforcement de la société civile“. L’Arménie s’engage ainsi à suivre les recommandations de l’UE quant à la nécessité de lutter contre la corruption, la fraude électorale et le respect des droits fondamentaux.

Cette réunion est à replacer dans le contexte d’une recherche de collaboration plus approfondie entre l’UE et l’Arménie qui doit ouvrir sur un accord d’ici fin 2016. Celle-ci reste ainsi fortement conditionnée par la mise en œuvre d’un programme de réformes constitutionnelles et politiques profondes.