Les engagements nationaux sont insuffisants, avertit le Programme des Nations unies pour l’environnement
Le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publié mercredi alerte sur une trajectoire de réchauffement moyenne mondiale de +2,6 °C d’ici la fin du siècle si les pays respectent seulement les engagements climatiques déjà annoncés. Le document souligne que les politiques actuelles sans renforcement des engagements conduiraient à un réchauffement encore plus élevé, estimé à +2,8 °C à l’horizon 2100.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a commenté ce rapport lors de son lancement en rappelant l’écart considérable entre les objectifs de l’accord de Paris et la réalité des émissions. Il a notamment déclaré que le monde est « dangereuxsement loin du compte » et qu’il « ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5 °C ».
« Le monde est ‘dangerusement loin du compte’ et ‘ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5 °C’. » — António Guterres, secrétaire général de l’ONU
Pourquoi ces projections se détériorent
Le rapport met en avant plusieurs facteurs expliquant la hausse des estimations par rapport à l’an dernier, où la trajectoire annoncée se situait entre +2,3 °C et +2,5 °C :
- le retrait des États-Unis de l’accord de Paris, cité comme facteur aggravant ;
- la révision des estimations d’émissions historiques qui a relevé le bilan passé ;
- des émissions de gaz à effet de serre restées à des niveaux records en 2025, liées à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.
Conséquences observées et implications politiques
Le rapport rappelle que la planète subit déjà des événements climatiques extrêmes — inondations meurtrières, vagues de chaleur et incendies — et que la situation pourrait s’aggraver avec des trajectoires proches de +2,6 °C à +2,8 °C. Malgré ce constat, António Guterres a insisté sur la possibilité d’agir en affirmant que les outils nécessaires existent pour inverser la tendance et éviter le « précipice ». Le rapport arrive à moins de trois semaines de la 31e conférence des Nations unies sur le climat, prévue du 9 au 20 novembre en Turquie, où les délégations sont invitées à renforcer leurs contributions nationales.
Chiffres clés
| Scénario | Réchauffement projeté (fin du siècle) |
|---|---|
| Engagements actuels tenus | +2,6 °C |
| Politiques actuelles (sans renforcement) | +2,8 °C |
| Projection de l’an dernier | +2,3 °C à +2,5 °C |
Ce que dit le rapport sur les émissions
Le PNUE indique que les émissions liées à la combustion d’énergies fossiles ont atteint des niveaux records en 2025. Les plans climatiques nationaux et les politiques en place sont jugés « dangereusement insuffisants » pour limiter le réchauffement aux niveaux visés par l’accord de Paris, notamment l’objectif le plus ambitieux de +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Le rapport souligne enfin que, même si les conséquences actuelles du réchauffement sont déjà sévères, elles ne signifient pas qu’il faille renoncer à des efforts supplémentaires : les responsables onusiens estiment que des politiques plus ambitieuses et une mise en œuvre accélérée des solutions disponibles peuvent encore modifier la trajectoire climatique.