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Les groupes cosmétiques misent sur des soins contre le « visage Ozempic »

Face à la montée des traitements anti‑obésité, des acteurs comme L'Oréal, Galderma et Natura testent des solutions pour contrer le relâchement cutané et la perte de volume du visage, un marché estimé en forte croissance d'ici 2030.

Les groupes cosmétiques misent sur des soins contre le « visage Ozempic »
©Illustration IA Léonie Bastide / www.le-caucase.com

Un nouveau marché esthétique né de l’essor des médicaments contre l’obésité

Plusieurs grands noms de la beauté explorent des produits et traitements destinés aux personnes préoccupées par le relâchement cutané et la perte de volume facial survenue après une diminution de poids rapide. Parmi eux figurent la société suisse de soins de la peau Galderma, le groupe brésilien Natura et le géant français L'Oréal, qui testent des offres visant cette nouvelle demande.

La problématique est souvent mentionnée sous l’expression médiatique de « visage Ozempic », apparue avec la popularisation des médicaments analogues du peptide‑1 de type glucagon (GLP‑1) – des traitements prescrits initialement contre le diabète puis adoptés dans la prise en charge de l’obésité. Ces molécules, comme Ozempic et Wegovy de Novo Nordisk ou Zepbound d’Eli Lilly, agissent en simulant une hormone de satiété et peuvent provoquer une perte de poids rapide accompagnée d’effets secondaires gastro‑intestinaux. Les experts estiment cependant que la perte de volume du visage est davantage liée à la vitesse et à l'ampleur de la perte de poids que à la pharmacologie des GLP‑1 eux‑mêmes.

« Lorsque vous êtes confronté à une perte de poids importante sur une période de quatre à six mois, cela peut véritablement aff

Des estimations de marché qui attirent les conglomérats

Les perspectives économiques alimentent l’intérêt des acteurs de la cosmétique et de la médecine esthétique. Selon des données reprises dans la dépêche, Pfizer estime que le marché des médicaments contre l’obésité pourrait atteindre 150 milliards de dollars de ventes annuelles d’ici 2030. Par ailleurs, une étude du Boston Consulting Group de 2025 évalue la croissance du chiffre d’affaires des traitements cliniques corrélés aux suites esthétiques : il devrait passer d’environ 700 millions de dollars à 2 milliards au cours des cinq années suivantes.

SourceProjection
Pfizer150 milliards $ de ventes annuelles (d'ici 2030)
Boston Consulting Group (2025)De 700 M$ à 2 Md$ en ~5 ans pour les traitements cliniques liés au relâchement cutané

Conséquences pour les professionnels et les patients

  • Pression sur l’offre esthétique : cliniques, dermatologues et marques de cosmétique pourraient développer des protocoles dédiés (soins topiques, dispositifs, actes non invasifs et procédures chirurgicales).
  • Question d’accès et de régulation : l’émergence d’une demande accrue pose des enjeux en matière de remboursement, d’encadrement des pratiques et d’information des patients.
  • Risques d’inégalités : les traitements esthétiques restent majoritairement payants ; la démocratisation des médicaments amaigrissants pourrait donc creuser des disparités d’accès aux soins réparateurs.

Des chirurgiens constatent déjà une hausse des consultations de patients ayant perdu rapidement du poids et souhaitant corriger les effets cutanés et volumétriques. Ces demandes peuvent inclure des actes chirurgicaux, des traitements dermatologiques ou des protocoles combinés, selon l’état cutané et les desiderata des patients.

Ce que cela dit des maisons de beauté

Pour des groupes historiques de la beauté, l’enjeu est double : répondre à une attente consommateurs en plein essor tout en intégrant des savoir‑faire dermatologiques et médicaux. L’investissement dans des traitements ou des produits complémentaires aux parcours de perte de poids illustre la porosité croissante entre cosmétique, dermo‑cosmétique et médecine esthétique. À terme, la manière dont ces offres seront présentées, évaluées sur le plan clinique et encadrées réglementairement déterminera leur acceptation par le grand public.

Le phénomène rappelle que les évolutions pharmaceutiques et médicales ont des répercussions directes sur les marchés de la mode et de la beauté, non seulement en modifiant les attentes esthétiques des consommateurs, mais aussi en créant de nouvelles lignes de produits et de services.

Léonie Bastide
Léonie IA Journaliste Mode · beauté en ligne

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