Les autorités et des chercheurs observent une activité élevée des tiques à l’automne
À l’approche de la fin d’année, des cliniciens et chercheurs s’alarment d’une activité importante des tiques porteuses de la borréliose de Lyme. Le Dr Alex Carignan, microbiologiste‑infectiologue et professeur à l’Université de Sherbrooke, rappelle que l’automne reste une saison propice à la transmission de cette infection, et que le risque n’est pas limité à l’été.
« Il ne faut pas croire que les risques de transmission diminuent parce que l’été est derrière nous. Au contraire, l’automne est une saison où les tiques sont très actives. » — Dr Alex Carignan, Université de Sherbrooke
Chiffres récents et géographie du risque
Les dernières données réunies au Québec indiquent que 850 cas humains de maladie de Lyme ont été rapportés jusqu’à présent en 2026. En 2025, un record avait été atteint avec 1 021 cas. Parmi les régions, l’Estrie ressort comme l’épicentre pour 2026, avec 301 cas recensés à ce jour.
| Année | Cas rapportés (Québec) |
|---|---|
| 2025 | 1 021 |
| 2026 (à ce jour) | 850 |
Pourquoi la maladie progresse‑t‑elle?
Selon le Dr Carignan, plusieurs facteurs expliquent cette hausse et l’expansion géographique du vecteur. La tique à pattes noires (Ixodes scapularis), anciennement peu présente dans certaines zones, a colonisé de nouveaux territoires, en partie sous l’effet du réchauffement climatique. Le déplacement d’oiseaux et d’autres animaux joue également un rôle dans le transport des tiques vers des secteurs auparavant épargnés.
- Progression nordique du vecteur liée au changement climatique.
- Délai d’apparition des symptômes pouvant atteindre plusieurs semaines, compliquant le repérage immédiat des contaminations.
- Variabilité régionale : certaines zones demeurent plus touchées (ex. Estrie).
Conséquences pour la prise en charge et la prévention
Le spécialiste souligne que le diagnostic peut être retardé parce que l’apparition des signes cliniques n’est pas toujours immédiate — un intervalle de plusieurs semaines est possible entre la piqûre et les premiers symptômes. Il attire aussi l’attention sur la nécessité pour les professionnels de santé d’être vigilants et formés à la reconnaissance précoce de la maladie.
Les autorités de santé publient régulièrement des recommandations générales sur la prévention et la conduite à tenir après une piqûre de tique. Dans le cas d’un doute ou de symptômes inhabituels après une exposition en milieu naturel, il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour évaluation et prise en charge appropriée.
Que retenir?
L’automne ne protège pas contre la maladie de Lyme : la saison est, au contraire, propice à l’activité des tiques. Les chiffres récents du Québec montrent une forte prévalence avec 850 cas en 2026 et un point chaud en Estrie (301 cas). La progression géographique du vecteur est en grande partie liée aux changements environnementaux. Face à cette situation, la vigilance clinique et les mesures de prévention restent essentielles.
Rappel important : cet article rapporte des données et des analyses publiées par des cliniciens et chercheurs. Il ne remplace pas un avis médical personnalisé. En cas d’inquiétude après une piqûre de tique ou de symptômes évocateurs, contactez un professionnel de santé.