Un rapport du PNUE tire la sonnette d’alarme avant la COP 31
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publie son rapport annuel évaluant l’écart entre les politiques actuelles et les objectifs de l’accord de Paris. Selon cette analyse, si l’ensemble des pays respectait strictement les engagements qu’ils ont pris à ce jour, le monde se dirigerait vers un réchauffement moyen de +2,6 °C par rapport à l’ère préindustrielle d’ici la fin du siècle. Sur la base des seules politiques mises en œuvre aujourd’hui — sans prise en compte d’améliorations futures des engagements — la projection s’élève à +2,8 °C.
Le rapport rappelle que la probabilité de respecter l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, la limite de +1,5 °C, est « désormais disparue » à la lumière des émissions passées et actuelles et des politiques insuffisantes, tout en soulignant qu’il est encore possible de réduire l’ampleur et la durée du dépassement du seuil.
« Le monde est dangereusement loin du compte et ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5 °C », a déclaré António Guterres lors du lancement du rapport, soulignant que les conséquences sont déjà graves mais que des outils existent pour changer de cap.
Ce que disent les chiffres et les trajectoires
- +1,5 °C : objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, désormais hors de portée selon le rapport si les efforts ne sont pas renforcés ;
- +2,6 °C : projection si les États tiennent leurs contributions déterminées au niveau national (NDC) actuelles ;
- +2,8 °C : estimation fondée sur les politiques actuellement en vigueur, sans prise en compte d’extensions d’ambition.
Le PNUE insiste sur le fait que chaque fraction de degré supplémentaire aggrave les impacts climatiques et augmente le risque de franchir des seuils irréversibles dans le système terrestre. Les émissions de gaz à effet de serre liées aux combustibles fossiles sont restées à des niveaux record en 2025, note le rapport, et certaines grandes économies ont vu leurs émissions croître récemment.
Conséquences et voie possible pour limiter les dégâts
Le rapport rappelle que la limitation du dépassement à la plus faible amplitude possible et sa courte durée restent un objectif réaliste si des réductions rapides et profondes des émissions sont mises en œuvre. Antonio Guterres a appelé à ne pas « baisser les bras » et a rappelé que des outils existent pour inverser la courbe des émissions, tout en attribuant aux retards d’action passés la responsabilité d’un « échec historique » du leadership politique.
| Scénario | Projection de réchauffement d'ici 2100 |
|---|---|
| Engagements actuels (NDC tenues) | +2,6 °C |
| Politiques en place aujourd’hui | +2,8 °C |
Le rapport et les déclarations de l’ONU interviennent à moins d’un mois de la 31e conférence des Nations unies sur le climat, programmée en Turquie. Ils visent à souligner l’écart existant entre les ambitions affichées et les mesures effectivement mises en œuvre, afin d’inciter à un renforcement immédiat des politiques nationales.
Pour les lecteurs : ce document est une évaluation internationale publiée par le PNUE et relayée par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Il s’agit d’une analyse de trajectoires climatiques fondée sur les données d’engagement et de politique communiquées par les États, sans prescriptions techniques détaillées dans le communiqué relayé.