Vous avez trop de basilic ? Voici comment faire un pesto qui se conserve 6 mois sans noircir

Vous avez trop de basilic ? Voici comment faire un pesto qui se conserve 6 mois sans noircir

Le basilic embaume votre jardin ou votre balcon, et sa générosité estivale vous laisse avec une abondance de feuilles parfumées. Que faire de ce trésor vert avant qu’il ne fane ? La réponse semble évidente : un pesto maison. Pourtant, une déception commune guette souvent le cuisinier amateur. Après quelques heures, voire quelques jours au réfrigérateur, ce magnifique pesto d’un vert éclatant se transforme en une pâte sombre et peu appétissante. L’oxydation a fait son œuvre, emportant avec elle une partie de la magie.

Et si je vous disais qu’il existe une méthode, un secret de chef jalousement gardé, pour capturer la fraîcheur et la couleur vibrante de votre basilic dans un pot ? Une technique qui vous permettra de conserver votre pesto pendant six longs mois, sans qu’il ne perde une once de sa superbe. Oubliez le pesto noirâtre et triste. Aujourd’hui, nous allons préparer ensemble un pesto alla genovese qui restera aussi vert et savoureux qu’au premier jour. Préparez votre robot mixeur, nous partons pour la Ligurie, berceau de cette sauce mythique, pour en percer tous les secrets de conservation.

20 minutes

15 minutes

 

facile

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

La préparation du basilic : le secret d’une couleur éclatante. Avant toute chose, la propreté et la sécheresse de votre basilic sont primordiales. Lavez délicatement les feuilles à l’eau froide pour enlever toute trace de terre ou d’impuretés. Ensuite, vient l’étape la plus importante : le séchage. La moindre goutte d’eau résiduelle favoriserait l’oxydation et le développement de bactéries. Utilisez une essoreuse à salade pour retirer le plus gros de l’eau, puis étalez les feuilles sur un torchon propre ou du papier absorbant. Tapotez-les doucement jusqu’à ce qu’elles soient parfaitement sèches. Soyez méticuleux, la réussite de la conservation en dépend.

Étape 2

La torréfaction des pignons pour révéler les arômes. Cette étape, bien que rapide, est essentielle pour décupler les saveurs. Faites chauffer une poêle à sec, sans matière grasse, sur feu moyen. Versez-y les pignons de pin et faites-les dorer quelques minutes en remuant constamment. Ils doivent prendre une belle couleur ambrée et dégager une odeur de noisette grillée. Attention, ils brûlent très vite ! Dès qu’ils sont à votre goût, retirez-les immédiatement de la poêle et réservez-les sur une assiette pour stopper la cuisson.

Étape 3

L’assemblage des solides, la base du goût. Pendant que les pignons refroidissent, préparez les autres ingrédients. Pelez les gousses d’ail et retirez le germe vert au centre, surtout s’il est gros. Ce germe peut rendre le pesto plus difficile à digérer et lui donner une amertume désagréable. Râpez finement votre morceau de Parmigiano Reggiano. N’utilisez jamais de parmesan déjà râpé, qui contient des anti-agglomérants et dont la saveur est bien moins intense. Dans la cuve de votre robot mixeur, placez les feuilles de basilic bien sèches, les pignons de pin torréfiés et refroidis, les gousses d’ail dégermées, le parmesan fraîchement râpé et le gros sel.

Étape 4

L’ingrédient magique qui change tout : adieu l’oxydation. Voici le moment de dévoiler notre botte secrète : l’acide ascorbique, plus connu sous le nom de vitamine C. C’est un puissant antioxydant naturel. En l’ajoutant à notre préparation, nous allons considérablement ralentir le processus d’oxydation qui fait noircir le basilic au contact de l’air. C’est cette astuce qui garantit une couleur verte et vibrante pendant des mois. Saupoudrez le quart de cuillère à café d’acide ascorbique en poudre sur les ingrédients dans le mixeur. Donnez quelques impulsions courtes pour commencer à hacher grossièrement le tout.

Étape 5

L’émulsion pour créer une sauce onctueuse. Le secret d’un pesto réussi réside dans sa texture. Il ne doit être ni une purée lisse, ni un hachis grossier, mais une crème texturée. Pour y parvenir, nous allons réaliser une émulsion, c’est-à-dire le mariage de l’huile avec les autres ingrédients. Mettez le robot en marche à vitesse moyenne et versez l’huile d’olive en un filet fin et continu. L’huile va s’incorporer progressivement, créant une sauce stable et homogène. Arrêtez de mixer dès que la consistance vous plaît. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement en sel si nécessaire.

Étape 6

La stérilisation des bocaux pour une conservation sans faille. Pour que votre pesto se conserve 6 mois, il doit être stocké dans un environnement stérile. Plongez vos bocaux en verre et leurs couvercles hermétiques dans une grande casserole d’eau bouillante. Laissez-les immergés pendant au moins 10 minutes. Sortez-les avec une pince sans toucher l’intérieur et laissez-les sécher complètement à l’air libre sur un torchon propre. Cette étape élimine tous les micro-organismes qui pourraient altérer votre préparation.

Étape 7

La mise en bocal, la dernière étape avant le repos. Une fois vos bocaux parfaitement secs et refroidis, remplissez-les avec le pesto à l’aide d’une cuillère propre. Tassez légèrement la préparation avec le dos de la cuillère pour chasser les éventuelles bulles d’air qui pourraient rester piégées. Laissez environ un centimètre de libre en haut du bocal. Ne le remplissez pas à ras bord.

Étape 8

Le sceau d’huile, la protection finale. Pour parfaire la conservation, versez une fine couche d’huile d’olive extra vierge sur le dessus du pesto. Cette couche va agir comme un sceau protecteur, un bouclier supplémentaire contre l’air et l’oxydation. Fermez ensuite hermétiquement vos bocaux. Conservez-les au réfrigérateur. Votre pesto est maintenant prêt à traverser les mois en conservant toute sa fraîcheur.

Sophie

Mon astuce de chef

Pour une couleur verte encore plus intense et stable, vous pouvez blanchir les feuilles de basilic. Plongez-les 30 secondes dans de l’eau bouillante, puis immédiatement dans un bain d’eau glacée pour stopper la cuisson et fixer la chlorophylle. Séchez-les ensuite avec le plus grand soin comme indiqué dans la recette avant de les mixer. Cette technique de professionnel vous garantit un vert presque fluorescent qui ne bougera pas.

Quel vin pour accompagner votre pesto ?

Le pesto, avec sa richesse en huile d’olive, son ail et son fromage, appelle un vin qui puisse rafraîchir le palais. L’accord régional est souvent le meilleur. Optez pour un vin blanc sec et minéral de Ligurie, comme un Vermentino ou un Pigato. Leurs notes d’agrumes et leur belle acidité trancheront avec le gras du pesto. Si vous ne trouvez pas de vin ligure, un Pinot Grigio du nord de l’Italie ou même un Sauvignon Blanc de la Loire feront d’excellents compagnons.

Un peu d’histoire : le Pesto alla Genovese

Le mot pesto vient du verbe génois pestâ, qui signifie pilonner ou écraser. Cela nous renseigne sur sa méthode de fabrication originelle. Avant l’invention des robots mixeurs, le pesto était traditionnellement préparé dans un mortier en marbre avec un pilon en bois d’olivier. Cet ustensile permet d’écraser les feuilles de basilic sans les surchauffer, libérant ainsi leurs huiles essentielles de manière optimale. Le pesto est l’héritier d’une sauce plus ancienne, l’agliata, une préparation à base d’ail et de vinaigre connue dès l’époque romaine. La recette moderne, avec le basilic, les pignons et le parmesan, est apparue au milieu du 19ème siècle à Gênes, capitale de la Ligurie, et n’a cessé depuis de conquérir le monde.

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Sophie

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