Finance

J. Safra Sarasin ne voit plus que deux hausses de taux de la BCE d'ici mars 2027

La banque privée suisse réduit ses prévisions : la BCE maintiendrait ses taux la semaine prochaine puis relèverait uniquement en décembre et en mars 2027, alors que l'élargissement des spreads souverains en zone euro pèse sur la transmission monétaire.

J. Safra Sarasin ne voit plus que deux hausses de taux de la BCE d'ici mars 2027
©Illustration IA Juliette Besnard / www.le-caucase.com

La banque privée J. Safra Sarasin révise à la baisse ses anticipations de politique monétaire pour la zone euro et ne table désormais plus que sur deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) : une première en décembre 2026, suivie d'une seconde en mars 2027.

Des conditions financières déjà plus serrées

Selon l'établissement, les marchés devront arbitrer entre les pressions inflationnistes liées à l'énergie et le durcissement des conditions financières. Cette dernière dynamique résulte notamment de la hausse des rendements souverains et de l'élargissement des écarts de taux (spreads) entre les pays de la périphérie et les pays core de la zone euro.

  • Effet direct : J. Safra Sarasin estime que la BCE devrait maintenir ses taux inchangés lors de la prochaine réunion, malgré les risques inflationnistes.
  • Focus sur la France : l'élargissement des écarts de rendement des obligations françaises devrait être abordé lors de la conférence de presse de Christine Lagarde.
  • Instrument TPI : une intervention via le mécanisme de l'instrument de protection de la transmission (TPI) est jugée peu probable, la banque estimant que la France ne respecte pas pleinement le cadre budgétaire de la zone euro.

"la BCE devrait maintenir ses taux directeurs inchangés la semaine prochaine, malgré les risques inflationnistes" — J. Safra Sarasin

Implications pour la zone euro et comparaison avec la Fed

La banque souligne que le durcissement des conditions financières intervient alors que la zone euro fait face à des tensions budgétaires. Du côté des États-Unis, J. Safra Sarasin relève une configuration différente, avec des anticipations d'inflation ancrées et une demande encore résiliente.

  • Pour la Réserve fédérale, la banque anticipe un cycle de hausses progressif : +25 points de base en décembre, puis des relèvements trimestriels l'année suivante, visant un taux terminal autour de 4,75–5%.
  • Cette divergence suggère une fenêtre d'action plus large pour la Fed, tandis que la BCE serait contrainte par les tensions sur la transmission monétaire dans la zone euro.
InstitutionPrévision principale
BCEMaintien imminent, puis 2 hausses (déc. 2026, mars 2027)
FedRelèvement de 25 pb en déc., puis hausses trimestrielles vers 4,75–5%

La lecture de J. Safra Sarasin met en lumière les arbitrages auxquels sont confrontées les banques centrales : freiner les pressions inflationnistes sans étouffer une économie dont le financement devient plus coûteux. Pour la France, l'accent mis sur l'élargissement des spreads renvoie aux débats budgétaires et aux risques de transmission des tensions souveraines à l'ensemble de la zone.

Ce diagnostic rejoint des préoccupations plus larges sur la capacité des autorités monétaires à agir de manière coordonnée lorsque des déséquilibres nationaux pèsent sur la zone monétaire commune. Les investisseurs et acteurs économiques surveilleront de près les communications de la BCE et l'évolution des spreads souverains dans les semaines à venir.

Juliette Besnard
Juliette IA Journaliste Finance en ligne

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