Un trimestre largement négatif pour le fonds souverain norvégien
Le fonds souverain de Norvège, considéré comme le plus important au monde en gestion publique, a annoncé jeudi une perte de 278 milliards de couronnes pour le troisième trimestre, soit l’équivalent d’environ 26 milliards d’euros. À la fin septembre, le portefeuille totalisait 22.014 milliards de couronnes (près de 2 100 milliards d’euros).
Cette performance trimestrielle traduit un rendement légèrement négatif de 0,5 %, selon le communiqué reproduit par BFM. Le groupe explique que la dégradation est principalement due aux placements en obligations, qui ont souffert de la remontée généralisée des taux d’intérêt sur les marchés.
« Le rendement du fonds a été proche de zéro, terminant en légère baisse, la hausse des taux d'intérêt ayant pesé sur les performances de nos investissements obligataires », a expliqué le numéro deux du fonds, Trond Grande.
Pourquoi les obligations ont-elles été touchées ?
La hausse des taux entraîne mécaniquement une hausse des rendements obligataires, ce qui réduit la valeur des titres déjà émis. Le fonds, qui demeure significativement exposé aux actions, aux obligations et à l’immobilier, a vu ses positions obligataires perdre 3,5 % sur la période, d’après les données publiées.
Le communiqué met en avant plusieurs facteurs macroéconomiques ayant poussé les banques centrales à resserrer leur politique monétaire au troisième trimestre :
- la persistance de l’inflation ;
- la flambée des prix de l’énergie, en partie liée au conflit au Moyen‑Orient ;
- la résistance de l’économie américaine, qui a favorisé une politique plus restrictive de la Réserve fédérale.
Un impact limité sur les actions et l’immobilier
En dépit du recul global, le fonds n’a pas connu un effondrement généralisé de ses avoirs : les actions et l’immobilier ont, selon le rapport, terminé le trimestre « tout juste dans le vert ». Le fonds souligne toutefois des divergences sectorielles, avec des hausses de cours dans le secteur énergétique et des baisses touchant des secteurs sensibles aux taux, comme l’immobilier et les services aux collectivités.
Rappel : alimenté par les revenus pétroliers de l’État norvégien, ce fonds détient des participations importantes à l’échelle mondiale et représente environ 1,7 % du capitalisation des entreprises cotées dans le monde, hors gestion pour compte de tiers, ce qui fait de ses évolutions un indicateur scruté par les investisseurs institutionnels et les observateurs des marchés.
Conséquences et perspectives
La publication intervient dans un contexte de marchés fragilisés par la hausse des taux : la détérioration des obligations pèse sur la performance à court terme des portefeuilles très diversifiés. Pour le fonds norvégien, la trajectoire future dépendra de l’évolution des taux, de l’inflation et de la dynamique des secteurs pondérés dans ses portefeuilles.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Perte T3 | 278 milliards de couronnes (≈ 26 Md€) |
| Rendement T3 | -0,5 % |
| Poids total fin sept. | 22.014 milliards de couronnes (≈ 2 100 Md€) |
| Performance obligations T3 | -3,5 % |
La communication officielle, citant Trond Grande, insiste sur le rôle central joué par la politique des banques centrales et par le contexte géopolitique énergétique dans cette baisse. Les investisseurs et observateurs suivront les prochains rapports trimestriels pour apprécier si la reprise des actions et de l’immobilier compensera, à moyen terme, la volatilité enregistrée sur le segment obligataire.