Hermès a annoncé, jeudi 22 octobre, un chiffre d'affaires du troisième trimestre inférieur aux attentes des analystes, tandis que sa division Vêtement et Accessoires est passée en territoire négatif pour la première fois depuis plusieurs années.
Un ralentissement contenu mais significatif
Sur le trimestre, les ventes du groupe ont progressé de 4,3 % à taux de change constants, à 4,10 milliards d'euros. Ce rythme est le plus faible enregistré depuis le début de 2020, période marquée par la crise sanitaire qui avait forcé la fermeture des boutiques à travers le monde. Les attentes des analystes interrogés par Visible Alpha tablaient sur une croissance supérieure, ce qui a contribué à la réaction négative des marchés : le titre Hermès a perdu 7,67 % en début de séance et figurait parmi les plus fortes baisses du CAC 40.
Des performances contrastées entre métiers
La dynamique reste portée par la maroquinerie et la sellerie, tandis que d'autres métiers montrent des évolutions divergentes :
- Maroquinerie‑Sellerie : croissance de 10,8 % sur le trimestre, soutenue par la demande pour les modèles historiques et les nouveautés.
- Vêtement et Accessoires : recul de 2,0 % par rapport à l'an dernier, une contre‑performance notable pour une activité qui représente plus d'un quart du chiffre d'affaires du groupe.
- Les autres secteurs affichent des évolutions hétérogènes (horlogerie en repli trimestriel, parfums et beauté limitant leur recul grâce à un rebond partiel).
| Indicateur | Chiffres T3 |
|---|---|
| Chiffre d'affaires trimestriel | 4,10 milliards € (+4,3 % à taux constants) |
| Maroquinerie‑Sellerie | +10,8 % |
| Vêtement et Accessoires | -2,0 % |
La Chine, facteur déterminant
Le groupe a imputé le repli du prêt‑à‑porter et accessoires à la faiblesse de la demande en Chine, marché jugé « crucial » pour Hermès. Lors de la conférence téléphonique accompagnant la publication, le directeur financier, Eric du Halgouët, a qualifié la situation en Chine :
« très difficile »
Il a toutefois rappelé la confiance du groupe dans les perspectives à long terme du pays et confirmé la poursuite des investissements d'Hermès en Chine.
Conséquences pour la maison et le marché
La concentration de la croissance sur la maroquinerie et sur un petit nombre de zones géographiques (Amériques, Europe hors France, Japon) pose la question de la résilience de la stratégie produit et commerciale du groupe face à des cycles régionaux défavorables. Plusieurs analystes cités dans la dépêche estiment que la valorisation élevée d'Hermès, construite sur une décennie d'expansion soutenue, est désormais davantage scrutée par les marchés au regard de ces premiers signes de ralentissement.
Pour la maison, la lecture fine des résultats impose de maintenir l'équilibre entre le renforcement des capacités de production (notamment pour la maroquinerie) et la gestion des investissements marketing et immobiliers dans des zones où la demande reste volatile.
Au‑delà du seul bilan financier, ce trimestre illustre la manière dont les maisons de luxe continuent d'être dépendantes de la géographie de la demande et de la capacité à rénover leur offre vestimentaire pour répondre aux attentes changeantes des clients internationaux.