Un cycle de coopération culturelle qui se termine
Le programme « L'Opéra en Guyane », porté par l'Opéra de Paris depuis 2022, arrive à son terme. Après avoir proposé chaque année quatre spectacles, accueilli des artistes de l'académie parisienne et mené des actions pédagogiques jusqu'à des communes éloignées comme Maripasoula, le dispositif ne sera pas reconduit dans sa forme actuelle, annoncent les responsables de l'initiative.
Ce qui a été fait sur place
Le projet avait pour ambition de conjuguer présentations scéniques et formation : des danseurs et intervenants de l'Opéra de Paris ont non seulement donné des spectacles à l'EPCC Les Trois Fleuves, mais aussi assuré cours et masterclass pour des étudiants et des praticiens locaux. La démarche visait à installer des liens durables entre l'institution nationale et le milieu culturel guyanais.
- Période : depuis 2022.
- Fréquence : quatre spectacles par an.
- Lieux : EPCC Les Trois Fleuves et interventions jusqu'à Maripasoula.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Période | Depuis 2022 |
| Fréquence | 4 spectacles annuels |
| Structures impliquées | Académie de l'Opéra de Paris, EPCC Les Trois Fleuves, conservatoire local |
Des retombées locales reconnues
Plusieurs artistes ont souligné l'impact de ces saisons sur le terrain. La danseuse étoile Dorothée Gilbert, présente presque chaque année depuis le lancement, a observé un effet sur l'appétence des jeunes pour la danse et l'accès aux spectacles. Pour elle, la continuité du projet a permis de « montrer que la danse classique pouvait être un beau métier ».
« Sur le long terme, on voit que les enfants ont évolué, qu'ils connaissent mieux les spectacles, les danseurs, les morceaux. Ça a peut‑être provoqué des vocations, j'espère. » — Dorothée Gilbert, danseuse étoile
Le danseur étoile Mathieu Ganio s'est, pour sa part, déclaré heureux d'avoir découvert la région et a résumé la portée du geste artistique :
« Je pense que la danse est un langage universel. À partir du moment où on est curieux et qu’on a envie de découvrir, ça parle à tout le monde. » — Mathieu Ganio
Et après ?
Si le programme annuel tel qu'il a été conçu touche à sa fin, la direction de l'Opéra de Paris indique vouloir maintenir des liens avec les acteurs culturels guyanais. Myriam Mazouzi, directrice de l'Académie de l'Opéra de Paris, assure que des collaborations continueront, en particulier avec le conservatoire et son orchestre de jeunes, créé par la directrice locale Michèle Goyangam.
« On va imaginer des suites », précise Myriam Mazouzi, sans toutefois annoncer le retour d'un spectacle identique à ceux présentés jusqu'ici. Le contenu, la forme et la périodicité des futurs projets devraient être repensés en concertation avec les partenaires guyanais.
Ce que cela change pour le public et les professionnels
Pour le public guyanais, la fin du programme signifie la disparition d'une offre régulière portée par une grande maison nationale, mais pas nécessairement la fin de tout lien culturel : les institutions évoquent des collaborations ciblées et la poursuite d'actions de formation. Pour les professionnels locaux, l'enjeu sera de transformer l'expérience accumulée lors de ces quatre saisons en projets autonomes ou en partenariats bilatéraux renouvelés.
Sur le plan national, cette décision illustre les arbitrages auxquels sont confrontées les grandes maisons culturelles lorsqu'elles déploient des dispositifs de rayonnement territorial : l'Opéra de Paris conserve des liens et des engagements, mais le format et l'intensité de ces interventions sont appelés à évoluer.