Une nouvelle « vignette » pour compenser la baisse des recettes pétrolières
L’Institut Mobilités et Transitions (IMT) a publié en septembre 2026 une proposition de redevance annuelle véhicule visant à compenser la diminution des recettes fiscales liées aux carburants. Le rapport avance une fourchette de montants très large, allant de 30 à 910 euros par an selon le profil du ménage et les caractéristiques du véhicule.
Des écarts importants selon les motorisations
Le type de motorisation constitue le principal critère de différenciation tarifaire dans le scénario de l’IMT. Selon le document, un véhicule thermique pourrait supporter une redevance moyenne de 260 € en 2035, alors que le niveau moyen pour l’ensemble du parc est estimé à environ 140 € en 2030. Les voitures électriques bénéficieraient en revanche d’un abattement conséquent : pour les ménages modestes, des montants « plancher » autour de 30 € par an sont évoqués.
- Motorisation : thermique vs électrique, le premier facteur d'écart.
- Puissance : les véhicules dépassant 150 chevaux fiscaux verraient leur contribution augmenter fortement.
- Ancienneté et origine : l’âge du véhicule et son lieu de fabrication (assemblé en Europe ou non) entrent dans le calcul.
- Caractère social : revenus du ménage, nombre de voitures et zone de résidence (urbain, périurbain, rural) modulent la facture finale.
Pourquoi cette redevance ? Le calcul budgétaire
L’IMT motive sa proposition par la nécessité de compenser une perte de recettes liée à la baisse progressive de la fiscalité sur les carburants. Le rapport chiffre cette perte attendue à 22 milliards d’euros en 2035, à comparer aux 27,7 milliards d’euros que les taxes sur les carburants génèrent aujourd’hui par an.
| Année | Montant moyen cité | Population visée |
|---|---|---|
| 2030 | ~140 € | ensemble du parc (moyenne) |
| 2035 | ~260 € | véhicule thermique (moyenne) |
Modalités pratiques et enjeux politiques
Contrairement à l’ancienne vignette physique, la redevance proposée serait intégralement dématérialisée et gérée via le numéro d’immatriculation, sans apposition sur le pare‑brise. Le rapport insiste sur la progressivité des montants pour limiter l’impact sur les ménages modestes et sur la possibilité d’intégrer des critères environnementaux et de localisation.
Plusieurs questions pratiques et politiques restent ouvertes : définition précise des seuils de puissance, modalités d’abattement pour les véhicules électriques, prise en compte des ménages disposant de plusieurs voitures et garanties pour les zones rurales où l’usage de la voiture reste souvent indispensable. Le calendrier évoqué dans le fil d’actualité mentionne une éventuelle mise en place dès 2027 si la proposition était retenue, mais l’article ne détaille pas de calendrier législatif précis.
Pour les automobilistes, l’enjeu est clair : la transition énergétique peut entraîner une redéfinition de la fiscalité automobile, avec des transferts potentiels entre taxes sur les carburants et formes de contributions annuelles indépendantes de la consommation.