Des turbulences plus fréquentes et plus sévères liées au réchauffement
Une étude menée par des chercheurs de l'université de Reading (Royaume‑Uni) et relayée par la presse internationale alerte sur une augmentation des turbulences en vol liée au réchauffement climatique. Les travaux portent notamment sur les turbulences en air clair — celles qui surviennent sans nuages et échappent souvent aux outils de détection classiques — et sur les perturbations générées par des orages renforcés par une atmosphère plus chargée en vapeur d'eau.
Les auteurs rappellent qu'une atmosphère plus chaude peut contenir davantage de vapeur d'eau : environ 7 % supplémentaire pour chaque degré de hausse de température, mécanisme qui alimente orages et instabilités aérologiques. Ce processus accroît le risque de turbulences sévères, déjà identifiées comme la première cause de blessures lors d'incidents aériens non mortels par l'Association internationale du transport aérien (Iata).
Chiffres et projections
Les chercheurs de Reading ont observé une hausse passée et projettent une augmentation future selon différents scénarios de réchauffement :
- augmentation observée de 55 % des turbulences sévères en air clair ;
- scénario limité à +1,5 °C : hausse estimée de 27 % ;
- scénario à +2,75 °C : hausse estimée de 56 %.
| Scénario de réchauffement | Augmentation estimée des turbulences sévères en air clair |
|---|---|
| Observations passées | +55 % |
| +1,5 °C | +27 % |
| +2,75 °C | +56 % |
Conséquences pour les vols et réponses du secteur
Ces évolutions ont des implications pratiques pour la sécurité et l'exploitation aérienne. Les turbulences en air clair sont difficiles à prévoir car elles surviennent parfois sans signes visibles ; elles ne sont pas bien détectées par les radars météorologiques classiques. Face à cette incertitude, les compagnies et les gestionnaires de trafic aérien améliorent leurs outils de prévision en s'appuyant davantage :
- sur les observations transmises par d'autres avions en temps réel ;
- sur des outils d'intelligence artificielle et des modèles plus fins ;
- et sur des bases de données de turbulences, comme celle constituée par l'Iata depuis 2018.
Ces mesures visent à réduire les risques, en particulier pour les passagers debout ou non attachés. Les autorités et la recherche soulignent cependant que l'augmentation prévue des épisodes de turbulence nécessite d'anticiper des adaptations supplémentaires des procédures opérationnelles et des systèmes de surveillance.
Conseils et limites des prévisions
Les spécialistes recommandent aux passagers de garder leur ceinture attachée lorsque cela est possible, même en l'absence de consigne de l'équipage. Les chercheurs insistent sur la nature probabiliste des projections : les chiffres publiés reposent sur des modèles climatiques et atmosphériques, qui varient selon les hypothèses d'émissions et d'évolution du climat.
« Le phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il pourrait s’intensifier », a souligné la publication du Guardian rapportant les travaux de l'université de Reading.
Les résultats invitent les autorités aéronautiques, les compagnies et les gestionnaires d'aéroport à renforcer la collecte de données et les outils d'alerte afin de limiter les impacts sur la sécurité et le confort des vols à l'avenir.